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A LA MEMOIRE DU LIEUTENANT-COLONEL CHARNET
Monetay sur Allier
Auguste Blaise CHARNET

Né le 2 juin 1870 à CHATEL de NEUVRE de parents modestes cultivateurs, Auguste Biaise CHARNET, enfant unique, fit ses premières études sur les bancs de l’école primaire où son instituteur (Monsieur PICARD) voyant en lui un enfant intelligent et studieux le poussa dans la voie de l’instruction.
Après sa scolarité primaire, ses parents reviennent s’installer à MONÉTAY, au lieu-dit « Les Brouillards » sur leur maigre patrimoine « environ un hectare soixante centiares, en mauvaise terre ».

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Ses parents

Quand il eu 12 ans, la décision de poursuivre ses études fut prise. On imagine aisément les complications et les sacrifices que cela demandait à une époque où, si on avait accès aux études, on ne possédait que trop rarement le moyen de les poursuivre.

Un courrier du 15 mars 1883 nous apprend que le jeune Auguste CHARNET a subi avec succès l'examen prescrit pour l'obtention d'une bourse. Il entre donc à 13 ans au lycée de MOULINS dont il fut pendant cinq ans un des élèves les plus brillants. Il quitte ensuite MOULINS pour se rendre à PARIS au collège Sainte-Barbe. La deuxième année de son séjour dans la capitale, il s'inscrivait pour une licence es-science, se présentait à Polytechnique et à Normale Supérieure.
Reçu à ses deux grandes écoles, il optait pour Polytechnique (1890) qui répondait mieux à ses goûts pour la carrière des armes.

Le 25 avril 1887, un courrier de la Préfecture de l'ALLIER communiquait au maire de MONETAY la demande de bourse avec trousseau qu’avait sollicité Monsieur Gilbert CHARNET pour l’entrée de son fils à Polytechnique.

Le 8 mai 1887, le conseil municipal soutient la demande de Monsieur CHARNET et « est d'avis que ce jeune homme mérite bien par sa bonne conduite et son travail que l'Etat lui vienne en aide, son père, quoique possédant une petite propriété en mauvais terrain d'une contenance d'environ 1 hectare 60 et malgré son travail, est dans un état voisin de la misère à cause de nombreuses charges auxquelles il est obligé de faire face pour l'éducation de son fils et pour la pension qu'il est obligé de verser à sa mère ».

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Un fils de famille aussi pauvre entrant à Polytechnique devrait être un fait rare. C'est peut-être ce qui explique une lettre de la préfecture du 7 Juin 1888 où on demande au maire de MONÉTAY « d'inviter le sieur CHARNET à inscrire d'une manière très précise ses différentes ressources. En cherchant à en dissimuler une partie, il s'exposerait certainement à voir rejeter sa demande ».
A quoi le conseil municipal répond le 8 juin 1888 que « la position du Sieur CHARNET n'est pas changée et qu'il ne peut que répéter ce qu'il a dit au mois de mai 1887 » et ajoute « le sieur CHARNET Gilbert est en outre en mauvaise santé ».

Après avoir terminé ses deux années de FONTAINEBLEAU, Auguste Biaise CHARNET, sorti dans un bon rang, permuta avec un camarade désigné pour l'artillerie coloniale. A cette époque de paix, il voulait servir pour la France là où il était nécessaire de lutter pour assurer son autorité, propager sa langue et étendre sa civilisation.

Lieutenant en 1894, sa carrière l'emmène aux ANTILLES en 1895. I1 fît sa première campagne au SOUDAN en 1898. Il y fut blessé en commandant une colonne contre les indigènes rebelles et participa à la mission du Capitaine GOURAUD où SAMORY TOURE fut arrêté.


Durant son stage en France, Auguste CHARNET passa avec succès l’examen de l’école supérieure de guerre et fut professeur à l’école militaire de l’artillerie et du génie à VERSAILLES de 1900 à 1904.
Il alla ensuite en INDOCHINE (1907) puis au MAROC (1911) où il fut nommé chef d’escadron. Une jaunisse lui valut son retour au printemps 1914 pour six mois de convalescence.


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Capitaine à 28 ans, Commandant à 40, la déclaration de guerre le trouva déprimé physiquement mais tellement rempli du désir de servir sa Patrie qu'il renonça à son congé de convalescence et sollicita la faveur d'être affecté au front.

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De l'Etat-major d'une division, il passa dans un corps de troupe dans le secteur de la SOMME puis alla à DUNKERQUE où, nommé le 5 mai 1915 lieutenant-colonel il fut désigné chef d'Etat-major de la Place, le 20 septembre 1915, à une époque difficile. Les généraux EYDOUX et CONTANCEAU apprécièrent sa valeur morale et militaire. Auguste CHARNET est décoré officier de la légion d'honneur le 25 décembre 1916.
A sa demande, il obtint de quitter DUNKERQUE et d'être affecté à la 25eme division d'artillerie opérant devant VERDUN au cours de l'été 1917. Gravement intoxiqué par les gaz en août, il ne voulut être évacué qu'au dernier moment. De l'ambulance du front où il reçut les premiers soins, il se rendit à GUERBIGNY (SOMME) chez sa fiancée où il fut terrassé par une congestion pulmonaire.

Le 11 décembre 1917, guéri mais fragile, il se marie en l'absence de ses parents, morts depuis six ans. Incapable dorénavant de supporter la grande fatigue et les intempéries, il ne put reprendre du service à la troupe et c'est à LIMOGES, à l'Etat-major de la 12ème région qu'il mourut d'une broncho-pneumonie (suite de la grippe espagnole) le 24 octobre 1918, sans enfants, dans sa 48ème année.

Victime de la guerre, il n'aura pas eu la mort qu'il enviait, celle du soldat tombé face l'ennemi. « Mourir au champ d'honneur pour que ma patrie vive, voilà mon plus cher désir » écrivait-il dans ses lettres remplies de foi patriotique.
La mort le trouva:

    Breveté d'Etat-major,
    Officier de la Légion d'Honneur,
    Décoré de la Croix de Guerre,
    Titulaire de l'insigne des blessés,
    de la Médaille coloniale avec Agrafes « SENEGAL et SOUDAN » et « AFRIQUE CENTRALE et MAROC »,
    Compagnon de l'ordre de Saint MICHEL et Saint GEORGES (une des plus hautes distinctions britanniques),
    Officier de l'Ordre Belge de Léopold.

Une délibération communale du 16 février 1919 nous apprend qu'Auguste CHARNET fait un legs (Legs CHARNET) à la commune de MONÉTAY. On peut penser que cet homme, profondément marqué par tous les morts que génère une guerre a eu conscience très vite du besoin de repeupler la France une fois la paix revenue car le 12 décembre 1917, le lendemain de son mariage, à NICE, il rédige un testament où il demande à Juliana JACQUIOT, sa femme et légataire universelle de distribuer les legs particuliers suivants:
«A chacune des communes de MONÉTAY sur ALLIER et CHATEL de NEUVRE une somme de 20 000F, les intérêts de cette somme placée en rente sur l'Etat seront répartis annuellement comme prime à la natalité entre les mères résidant depuis plus de neuf mois dans une des communes, ayant au moins trois enfants vivants et mettant au monde un nouvel enfant vivant ».

Auguste Biaise CHARNET est l'illustration parfaite de la IIIème République: issu du peuple, bénéficiant des lois scolaires JULES FERRY, il mit sa forte personnalité au service du pays.

Source:
Documents personnels de Paul BURLAUD responsable du Souvenir Français à MONÉTAY.

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