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CRIME A MONETAY SUR ALLIER

Le 08 janvier 1922, le corps sans vie de Blaise GUICHARD âgé de 78 ans est découvert à son domicile aux Maisons Neuves (actuellement maison de Madame Rachel BONJEAN). La mort remonterait à deux jours environs. Célibataire, vivant seul, exploitant encore quelques morceaux de vignes aux Maisons Neuves dont il vendait le produit. Le corps semble avoir été maltraité et gît dans la cuisine, la maison a été fouillée totalement sans résultat. Le père Blaise avait la réputation d'avoir un bon magot et l'année précédente, en 1921, il avait vendu sa vigne et ses terres du Champs Bejet à la commune pour la somme de 4980 francs pour installer le nouveau cimetière. Cet argent qui était connu de tous avait peut-être attiré des gourmandises. L'argent était caché à la cave.

La gendarmerie du MONTET dépêchée sur les lieux a porté ses soupçons sur un groupe de sabotiers de LA MONTAGNE BOURBONNAISE exploitant une vernière à La Croix Menoux, propriété de Madame de LASTIC, et vivant sommairement dans une cabane construite sur les lieux pour la durée du chantier. Ces personnes s'approvisionnaient en vin auprès de Blaise GUICHARD, comme beaucoup d'autres ouvriers. Les soupçons portés à leur encontre ont été vite balayés, les intéressés ayant des preuves irréfutables de leurs emplois du temps au cours des derniers jours suite à des renforts des sabotiers et des fermiers RACCAT de Piégut sur les terres desquels se trouvait le chantier et qui avaient procédé au débardage du bois et des sabots et avaient passé les soirées en leur compagnie. Les soupçons se sont également portés sur la famille mais sans résultat. La gendarmerie ne disposait d'aucun moyen d'investigations et l'affaire a été classée.

Dans un devoir de composition française Marcel BARJOT, élève à l'école supérieure de SAINT POURÇAIN,le 07 novembre 1924, alors âgé de 14 ans, décrit la victime suite au thème: Faites le portrait d'un personnage que vous avez bien connu (texte intégral de la rédaction):

Il y a quelques années, vivait près de de chez moi aux Maisons Neuves, un homme vieux et solitaire. Il se nommait Blaise GUICHARD, mais ses voisins l'appellait le père Blaise, quoique l'on ne lui connut pas d'enfant, n'ayant jamais pris de femme

Le père Blaise était de petite taille, très alerte malgré son âge et qu'il eut passé de plus de dix ans la soixantaine, son visage maigre très doux et bon avec des yeux enfoncés dans des orbites profonds qu'accentuaient les rides de son front qui était allongé par une barbe grisonnante. De son naturel il était d'ailleurs très doux et parlait d'une voix lente, cadencée et mielleuse. Il causait par des phrases spirituelles courtes et bien placées. Ils se plaignaient presque toujours de son sort et pour faire des affaires, bien malin celui qui savait sa façon de penser et aurait pu le tromper.

Il portait, hiver comme été, un pantalon de velours râpé, un gilet de grosse toile grise usée, une veste de gros lainage, et souvent une ample blouse bleue, une biaude, comme en portent encore quelques vieux paysans, les jours de foire, un bonnet de peau de loutre aux poils raides, et ses pieds demi-couverts des chaussons dans de gros sabots de bois blanc couleur du sol.

Le père Blaise vivait seul, éloigné de ses frères, avec son petit âne gris, plusieurs poules et une douzaines de lapins qui logeaient dans la grange sous la paille et les objets divers placés là. Ces lapins, très familiers se réunissaient à son appel pour prendre leur repas. Dans sa cour se dessinait seul un petit chemin allant de la porte au puits, au petit jardin et à l'écurie de l'âne, le reste était envahi par l'herbe. Celui qui entrait chez lui pour affaires doit garder le souvenir du fouillis qui y régnait, le petit poële était à demi enfoui sous les cendres, le carrelage avait bien cinq centimes de poussière, un vieux bahut était placé dans un coin. Sur la table, les résidus de je ne sais combien de repas était amoncelés. La moitié de la pièce était encombrée de vieilles ferrailles.

Il possédait quelques terres et plusieurs arpents de vigne; devant la maison s'étendait un vaste pré qui nourrissait le petit âne. Le reste des terres était planté de pommes de terre et ensemencé en blé, seigle ou avoine. Il cultivait tout cela lui-même; pour le labour il avait recours à son frère cadet qui lui prêtait son cheval et sa charrue. Son jardin lui fournissait les légumes nécessaires à sa subsistance et sa propriété abondamment plantée d'arbres lui donnait des fruits dont il vendait la plus grande partie. Il ne faisait jamais faire faire de réparations à sa demeure, la barrière qui fermait jadis sa cour n'existant plus qu'à l'état de souvenir; le mur de clôture tombant en ruines, le crépissage de sa maison se détachait des soubassements par lambeaux et les volets de sa chambre donnant sur la route, restaient hermétiquement clos de peur que le vent ne les brisa. Il n'achetait que très rarement du bois, n'en brûlant presque pas.

Ses seules dépenses était le pain qu'il achetait au boulanger, le paiement de ses contributions, le café, les bougies ou le pétrole pour l'éclairage et un peu de fumier qu'il mettait dans ses terres. Il se nourrissait presque exclusivement de pain et de noix, il n'aimait pas le fromage. Ce n'est que très, très très rarement qu'il s'offrait le luxe de déguster un lapin, ou un quartier de lard. Il lavait et raccommodait lui-même son linge quoique assez riche pour avoir une femme de journée.

Un jour, outrés d'entendre braire l'âne, les voisins allèrent voir ce qu'était devenu son maître et trouvèrent le père Blais étendu dans sa ferraille dans sa maison et déjà froid. Le vieux devait avoir succombé à une congestion cérébrale.
Fin de la rédaction

En raison de son jeune âge, les détails de la mort avait été épargnés à Marcel BARJOT qui était orphelin de père et mère.

Épitaphe

Son champ semé
Content et las de son effort
Dans la paix de la
nuit le laboureur s'endort

Source:
Propos recueillis auprès d'Elie MADET qui les tenait de sa grand-mère Valentine MADET témoin de la découverte du corps.

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