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PORTS ET BATELLERIE A MONETAY SUR ALLIER
Les ports de MONETAY sur ALLIER

Ils étaient au nombre de trois (recensés):

  • Le port de La Chaise près du confluent de la Sioule et de l'Allier. Il se trouvait à quelques centaines de mètres en amont du château de Riau .
  • Le port de la Graule à quelques centaines de mètres en aval de celui de la Chaise.
  • Le port de l'Epine, ce dernier se trouvait sur le territoire du Petit Bressolles
  • Et enfin, à proximité se trouvait une auberge de la marine réputée, maintenant en ruine à la suite d'un incendie.

Il existe que peu de données sur les ports de la Graule, de l'Epine et sur l'auberge marine, mais je suis persuadé qu'ils sont liés de très près à l'activité de celui de La Chaise. C'est pour cela que je vais principalement vous parler de ce dernier.

Monetay sur Allier

Port de La Chaise

Les premières données:

Le site fut occupé dès la préhistoire et l'origine de ce port peut remonter à la plus haute antiquité. Mais là encore, son emplacement a dù changer souvent et même plusieurs embarcadères ont pu exister en même temps. L'emplacement le plus ancien devait être immédiatement en aval du confluent de la Sioule, vis-à-vis des Gayots, à la limite de Contigny, sur une terre de La Ferté-Hauterive, appelée Ile de la Chaise, parce qu'elle est entourée de la Sioule.

Ce port a été creusé en 1413 au confluent de la Sioule et de l'Allier, aux frais de la Communauté des Marchands Fréquentants. Pierre Mondanel dit que son emplacement en 1853, mesurait 20 mètres de longueur de rive et un are de surface portuaire pour le dépôt des marchandises.

Le port le plus important de la région fut certainement celui de La Chaise.

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Les crues:

Au confluent de la Sioule les dommages des grandes eaux s'amplifiaient considérablement. Ainsi, en 1586, ce cours d'eau et l'Allier, par suite d'une inondation, demeurèrent longtemps confondus « et engendrèrent beaucoup de misère et de mortalité »

Le transport des vins était parfois gêné par les crues de l'Allier et de la Sioule.

La grande crue du 12 novembre 1790 causa un grand préjudice aux marchands du port de La Chaise.
Philippe Papon, curé de Contigny de 1772 à 1791, en fait le récit suivant dans les registres paroissiaux :

« Aujourd'hui douze novembre mil sept cent quatre-vingt-dix, les rivières d'Allier et de Sioule sont parvenues à un degrez de grandeur dont on ne caunoît point d'exemple; les registres de cette paroisse annoncent une inondation considérable au mois de septembre mil cinq cent quatre-vingt-six, mais il est à présumer que celle-cy l'emporte de beaucoup. La pluye a commencé le dix à quatre heures après midy et a continuée sans relâche pendant vingt-deux heures. Dès le onze, le matin, la Sioule a augmentée au point qu'elle a couvert tous les graviers et est venue au domaine des Brioudes. Les marchands de vin qui étoient sur le port de la Chaize... prirent le parti de demander du secours; ils vinrent à la cure prier de faire sonner la grosse cloche, ce que je leur accorday... et sur-le-champ de tous les villages on accouru... Toute la journée s'est passée dans le travail le plus infatigable: depuis huit heures du matin jusqu'à cinq heures du soir, on n'a été occupé qu'à éloigner le vin ; poursuivi par l'eau, on fut obligé de prendre un autre party...: environ midy la crue de l'Allier parut qui, se joignant à la Sioule, fit un débordement qui sur-le-champ manqua de submerger les poinçons... ; on leva les poinçons, sur le premier rang on en mit un second et enfin un troisième...: plus de deux mille poinçons, des hommes dans l'eau jusqu'à l'estomac !.. peines inutiles !.. Il fallut chercher son salut dans la fuite trois cent poinçons furent soulevés environ les cinq heures...; les poinçons entassés firent plus de résistance, mais sur les onze heures, où la débâcle fut générale, les mariniers furent forcés d'abandonner leurs bateaux : déjà plusieurs, quoique vuides, avaient cassés leurs cordages... On n'entendit toute la nuit que pleurs, qu'hurlements dans le village de la Chaume... Dès le point du jour, douze, je m'y transportay... On n'apercevoit qu'une nappe d'eau qui s'étendoit jusqu'au château des Eche-rolles; il ne fut pas possible de découvrir la moindre partie de terre, à peine voyait-on le sommet des saules...»

On imagine la misère découlant de tels cataclysmes. Au surplus, la navigation s'en trouvait parfois sérieusement entravée comme en 1879. A cette date, à Monétay-la-Chaise, les inondations provoquèrent la division de l'Allier en plusieurs bras dont le plus important occupa encore un ancien lit de la Sioule et resta inutilisable en raison de nombreux saules gênant la circulation des bateaux.

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Le traffic:

La situation du port, proche du vignoble de Saint-Pourçain le désignait pour l'exportation de ses vins fort recherchés dès au moins le XIIIème siècle. Les voituriers par eau y sont très actifs. En 1583, ils sont représentés aux Assemblées générales de la Communauté des Marchands Fréquentants.

Une enquête de l'An IX (1800-1801) rapporte que l'exportation des vins de Saint-Pourçain est considérable sur Paris. Le poinçon (tonneau) de vin rouge se vendait alors de 50 à 40 francs, celui de vin blanc, 25 francs. (Le poinçon de Saint-Pourçain contenait 223 litres).

Maître Andrivaud, notaire a Saint-Pourçain, écrit en Thermidor An Xll (1804): «On exporte sur Paris 50 à 40 mille hectolitres de vin, embarqués principalement au port de la Chaise. Les rouges sont liquoreux et susceptibles d'être conservés longtemps; plus ils vieillissent, plus ils sont délicats; il y en a chez les plus riches particuliers qui sont en bouteilles depuis 18 a 20 ans et qu'on ne distingue pas du meilleur Bourgogne. Les blancs sont aussi très bons : ce sont ceux que l'on connaît généralement a Paris sous le nom de vins de la Chaise ».

D'ailleurs sur sur les plans cadastraux de Monétay (1838) et de Contigny (1839), il était nommé « Port aux Vins ». Sur le plan cadastral de Monétay de 1838, figure un chemin appelé « Chemin du Port, à Contigny » qui longe l'ancien lit de la Sioule depuis La Chaume et le chemin de l'ancien port aux vins, pour se terminer au bord de l'Allier, en face des Moreaux.

Le port a aussi servi pour l'embarquement du charbon des Mines du MONTET, à partir de 1809.

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La batellerie:

D'après un rapport de l'ingénieur des Ponts et Chaussées daté du 1er Floréal An IX, dans l'Allier, il existait des bacs à Abrest, Vichy, Charmeil et Boutiron, Saint-Germain-des-Fossés, Billy, Chazeuil, Monétay, Villeneuve, Port-Barreau et Le Veurdre. On remarquera que Châtel-de-Neuvre n'est pas mentionné.

Le bac proprement dit appelé aussi charrière, correspondait dans la vallée de l'Allier, selon les localités, à des mesures variant entre 7 m de longueur sur 2 m de largeur et 1 6,88 m de long sur 3,90 m ou 4 m de large. Dans la plus grande de ces dimensions, l'embarcation permettait de passer soit quatre chars à quatre roues attelés chacun de quatre bœufs, soit huit voitures attelées chacune d'un cheval ou soit encore cent personnes. La charge maximum atteignait 15 000 kg.

Tout bac devait être accompagné d'un bateau plus petit, appelé batelet, toue ou futureau, dans lequel pouvaient en général prendre place dix ou quinze personnes ou deux ou trois chevaux avec leurs cavaliers.

Les ports devant lesquels l'Allier se divisait en plusieurs bras nécessitaient la mise en service de deux bacs et quelquefois de deux toues.

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Les bacs étaient propulsés au moyen d'un cordage ou traille à Monétay: c'était un câble tendu d'une rive à l'autre le long duquel se déplace une embarcation servant de bac; ce bac lui même". Le bac est retenu au câble soit par un système de poulie, soit par un mât qui vient s'appuyer sur la traille, poussé par la force du courant. La propulsion le long du câble se faisant à bras, en tirant sur la corde ou en poussant sur une perche

En 1852, l'ingénieur en chef Kleitz prescrit que la traille du bac de Monétay-sur-Allier, mesurant 180 m de longueur et une circonférence de 13 cm, sera composée de 3 torons de 60 à 65 fils chacun préalablement passés au goudron, puis fortement câblés et enduits d'une seconde couche de goudron. Ces opérations devaient être faites sous les yeux de l'ingénieur ordinaire chargé de la réception du chanvre, qui avait pour mission de veiller en outre que le poids total du cordage n'excède pas 288 kg.

Dans le Bourbonnais, on rencontrait en plus le passe cheval ou charoneau: bateau plat qui accompagne ordinairement les coches ou autres bateaux, dans lequel on passe les chevaux quand il faut changer de tirage.

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Les hommes:

Le volume du commerce du port est si important en 1807 qu'il nécessite la nomination d'un garde-port en résidence dans le bourg, le sieur Chasserie.

Les voituriers par eau étant trèe actifs, ils sont représentés aux assemblées générales des Marchands Fréquentants:

  • Tochon Gourne et Thomas Crouzier en 1474
  • Jehan Goulu en 1494 - 1504 - 1507
  • Mareschal Claude 1537 - 1546 - 1549 - 1583

C'est aussi ce port aux vins de la Chaise qui est cité sur un « État d'emploi des Fonds de charité de 1781 à 1788, sur les routes du Bourbonnais et d'Auvergne ».

Les ateliers de charité ou ateliers nationaux, destinés à employer les ouvriers sans travail, étaient subventionnés par l'État et affectés à des travaux publics. Cet état mentionne les sommes affectées chaque année aux réparations des chemins conduisant au port :

  • Années 1781 et 1782. — Paie à Monsieur le chevalier de la Chaize, chemin de la grande route près de l'Étang Bazin au port de la Chaize: 1.000 livres.
  • 1783. — M. le chevalier la Chaize. Port de la Chaize: 1.500 livres.
  • 1784. — M. de Lisle. Port de la Chaize par Contigny: 4.500 livres.
  • 1785. — M. de la Chaize. Chemin du port de la Chaize: 200 livres et M. de Balorre. Autre chemin par Contigny: 4.500 livres.
  • 1786. — M. de Balorre. De Contigny: 5.000 livres.
  • 1787. — M. de la Chaize. Port de la Chaize: 3.600 livres.
  • 1788. — Paie à M. le chevalier de la Chaize le 17 mai 1788, pour continuation des ouvrages à faire sur le chemin qui conduit de la grande route près de Châtelde Neuvre au port de la Chaize : 1.500 livres. Paie à M. de Balorre le 19 novembre 1788, pour réparation du chemin qui conduit de la grande route près de Contigny, au même port de la Chaize: 1.200 livres.
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De 1668 à 1783, de nombreux édits sont promulgués, le dernier constituant un règlement général des lois antérieures.

La rivière d'Allier forme alors deux départements, l'un de Brassac à Vichy, dépendant de Clermont, l'autre de Vichy au Bec-d'Allier, dépendant de Moulins.

Tous les ans, les conservateurs généraux fixent, à l'époque des basses eaux, à chaque syndic et patron, le temps où ils feront leur visite pour le nettoyage des rivières. Les riverains ont un délai de trois mois, après la promulgation de ledit, pour faire enlever tous les obstacles provenant de leur fait. Ils doivent, en tout temps, fournir le halage des bateaux et le passage des voitures, un chemin de 24 pieds de large à compter du bord supérieur des berges.

On ne peut planter sans autorisation arbres, haies ou piquets sur les îles ou grèves. Les propriétaires de digues, vannes, pêcheries et moulins doivent justifier de leurs titres de propriété dans un délai de trois mois. Défense est faite à ceux qui sont reconnus légitimes propriétaires de laisser former aucun banc de sable ou de gravier dans le lit, capable de gêner la navigation.

Défense est faite encore de placer des moulins flottants ou à nef au droit fil et plus profond de l'eau, ou encore de changer l'emplacement des moulins autorisés sans une nouvelle autorisation. Les meuniers doivent maintenir le chenal en bon état et les propriétaires des péages et des bacs doivent également maintenir en bon état les abords de l'emplacement. En fait ces dispositions ne sont pas toujours observées; par contre les travaux pour l'établissement des turcies et levées sont mieux effectués.

Il en est de même pour le balisage qui s'effectue chaque année pendant quatre mois (1er juillet - 31 octobre), d'après les instructions de l'ingénieur en chef. Tous ces travaux sont données par adjudication. Le balisage consiste à enlever tout ce qui peut gêner la circulation : pieux, fascines, arbres, bateaux échoués, etc.. Le Roi est possesseur de tous les matériaux enlevés, sauf des marchandises réclamées par les négociants ou voi-turiers.

On procède également au balisage après chaque grande crue, s'il en est besoin.

L'entrepreneur du balisage doit avoir les bateaux et outils en quantité suffisante, ainsi qu'un équipage de 15 ouvriers : 1 patron, 1 charpentier, 1 plongeur, 1 mineur, 5 mariniers, 6 ouvriers ordinaires.

Pendant six mois, du début d'octobre à la fin d'avril, les eaux sont hautes et la navigation est plus facile et donc plus intense. On emploie de grands bateaux de 20 à 30 mètres de longueur et de 3 à 6 mètres de largeur. Par basses eaux, on se sert de bateaux de plus faible tonnage et à la remonte, on réduit le chargement ; mais la navigation s'effectue toute l'année.

La flotte importante sur l'Allier favorisa la fabrication et l'entretien des bâteaux sur le site du port de La Chaise, c'est ainsi que Monétay a compté plusieurs fabricants de bateaux dont le dernier connu: Louis LAUBERTRAND:







Cette dernière photo provient de Monsieur Camille DELARRAS, ce bateau appartenait à Jean François LAUBERTRAND son arrière grand-père et a été prise sur l'Allier au pied de Monétay. Ce bateau était utilisé par son gendre: RIBIER dit "Cul de Loups" des Brouillards. Puis il fut vendu à Louis JUTIER des Jaunins pêcheur professionnel sur L'Allier qui l'avait tout recalfaté au goudron liquide y compris la cabane.

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Le péage:

Après l'impôt spécial, le « portorium », puis le droit de péage seigneurial (voir article sur l'Allier) il y a eu le droit à la Communauté des Marchands Fréquentants.

 


Jeton de présence de la communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire

D'après un rapport de l'ingénieur des Ponts et Chaussées daté du 1er Floréal An IX, dans l'Allier, un tarif commun était imposé aux fermiers. Voici celui du 23 Ventôse An XII :
Par personne non chargée d'un poids au-dessous de 5 myriagrammes 0 F. 05
Par denrée ou marchandise embarquée à bras d'homme et d'un poids de 5 myriagrammes 0 F. 05
Par chaque myriagramme excédant 0 F. 02
Passage d'un cheval, mulet et cavalier 0 F. 15
Cheval ou mulet chargé 0 F. 10
Cheval ou mulet non chargé 0 F. 06
Ane chargé 0 F. 06
Ane non chargé 0 F. 04
Cheval, mulet, bœuf, vache ou âne employé au labour ou allant au paturage 0 F. 04
Bœuf ou vache destiné à la vente 0 F. 08
Veau ou porc 0 F. 03
Mouton, brebis, bouc, chèvre, cochon de lait, paire d'oies ou de dindons 0 F. 02
(Quand ces animaux sont au-dessus de 50, le droit est diminué du quart ; quand ils vont au pâturage, on ne paiera que la moitié du droit.) Conducteur de chevaux, mulets, bœufs 0 F. 04
d'homme et d'un poids de 5 myriagrammes 0 F. 05
Par chaque myriagramme excédant 0 F. 02
Passage d'un cheval, mulet et cavalier 0 F. 15
Cheval ou mulet chargé 0 F. 10
Cheval ou mulet non chargé 0 F. 06
Ane chargé 0 F. 06
Ane non chargé 0 F. 04
Cheval, mulet, bœuf, vache ou âne employé au labour ou allant au paturage 0 F. 04
Bœuf ou vache destiné à la vente 0 F. 08
Veau ou porc 0 F. 03
Mouton, brebis, bouc, chèvre, cochon de lait, paire d'oies ou de dindons 0 F. 02
(Quand ces animaux sont au-dessus de 50, le droit est diminué du quart ; quand ils vont au pâturage, on ne paiera que la moitié du droit.) Conducteur de chevaux, mulets, bœufs 0 F. 04
S'il n'existe point de passe-cheval, le batelier ne pourra être contraint à passer isolément dans les bacs les chevaux, mulets, bœufs et autres animaux compris dans cette section que lors¬que les conducteurs lui assureront au moins une recette de 40 cts.
Voiture suspendue à deux roues ou litière à deux chevaux 0 F. 30
Voiture suspendue à quatre roues 0 F. 35
Voiture suspendue à quatre roues, attelée de deux che¬vaux ou mulets (voyageurs payant séparément 0F.05)0 F. 45 Charette chargée, attelée d'un cheval ou mulet, ou de deux bœufs, et le conducteur 0 F. 30
Charette attelée de deux chevaux, mulets ou quatre bœufs, y compris le conducteur 0 F. 40
La même, attelée de trois chevaux 0 F. 60
Charette à vide, cheval et conducteur 0 F. 20
Charette chargée, employée au transport des engrais, à la rentrée des récoltes, le cheval ou deux bœufs et le conducteur 0 F. 20
La même, à vide 0 F. 10
Charriot de ferme à quatre roues, chargé, deux chevaux ou bœufs, et conducteur 0 F. 45
Le même, avide 0 F. 25
Charriot de roulage à quatre roues, chargé, un cheval
et le conducteur 0 F. 35
Chargé, deux chevaux et le conducteur 0 F. 50
Le même, chargé, trois chevaux 0 F. 80
A vide, attelé d'un seul cheval et le conducteur 0 F. 25

Il sera payé par chaque cheval, mulet ou bœuf excédant les nombres indiqués pour les attelages ci-dessus, comme pour un cheval ou mulet non chargé et pour un âne ou ânesse, le droit fixé pour les ânes ou ânesses non chargés.
Le batelier ne pourra être contraint à passer une voiture, charette ou charriot se présentant isolément que lorsque le con-ducteur lui assurera au moins une recette de 75 centimes.
Dans le temps des hautes eaux, le paiement du droit sera triplé sur les rivières de la Loire et de l'Allier seulement. Le Préfet déterminera le point où les eaux seront réputées hautes et le maximum de la charge ou du nombre des personnes que les bacs ou bateaux pourront recevoir.

La gendarmerie en tournée, les militaires voyageant en corps de troupe ou avec une feuille de route, sont exempts du droit.

Dans les cahiers des charges et tarifs des droits de passage d'eau, pour les années 1876 à 1884, il est dit que « le fermier sera tenu de passer une personne seule, sans exiger d'autre droit que le droit simple, lorsqu'elle aura attendu sur le port le laps de temps qui sera d'une heure pour les bacs et d'une demi- heure pour les passe-cheval et pour les batelets.

Il devra passer sans aucun délai les fonctionnaires, agents et autres personnes désignées à l'article 4. Toute autre personne qui voudra passer isolément et sans attendre ce laps de temps, payera le droit exigé dans ce cas par le tarif.

Le fermier sera tenu de passer, soit avant le lever, soit après le coucher du soleil, sans exiger aucun droit, mais seulement pour l'exercice de leurs fonctions, les fonctionnaires, employés, agents et autres personnes désignées à l'article 4. (Cet article 4 énumère tous les agents de la fonction publique qui ont le droit de passage en franchise).

On trouve des renseignements intéressants dans les divers rapports officiels qui nous sont parvenus : états, procès-verbaux, estimations, contemporains ou postérieurs à la Révolution. Y figurent, en particulier, des noms de familles qui sont encore représentées dans le pays.

C'est ainsi que, dans les États des bacs et bateaux établis dans le département de l'Allier — Moulins, 13 Thermidor an 10 — figure le bac de Monétay avec les indications suivantes :
Fermier, Claude Blondet.
Date du bail, 27 Thermidor an 8.
Durée, 6 ans.
Prix par an : 30 francs.
Dans les États des bacs et bateaux du 1er Vendémiaire an 12, pour le même bac de Monétay, à des renseignements identiques est ajoutée la mention : « peu fréquenté ».

Dans l'État général des adjudications définitives des produits à percevoir au passage des bacs et bateaux du départe¬ment de l'Allier, pendant les années 13 à 18 — daté du 14 Ventôse an 13 :
Monestay :
Fermier : Jean Dormay.
Caution : Gilbert Amy, propriétaire.
Durée : 6 ans.
Époque de la mise en jouissance : 1er Vendémiaire an 13-
Montant des adjudications définitives : 25 francs.

Dans le Procès-verbal d'adjudication des droits établis aux passages des bacs établis sur les ports de Monétay-sur- Allier, Villeneuve, Saint-Léopardin et Le Veurdre, pour la perception qui aura lieu pendant les années 1811 à 1816 :
Monétay-sur-Allier (10 novembre 1810) :
Mise à prix : 100 francs.
Mise par Jérôme Bernard, 105 francs.
— Philippe Blondet, 110 francs.
— Jean Ginet, 125 francs.
— Philippe Blondet, 130 francs.
— Jean Ginet, 135 francs.
— Philippe Blondet, 140 francs.
Ce dernier, demeurant à Monétay, est déclaré adjudicataire des bacs du port de Monétay-sur-Allier pendant les années 1811-1816 pour la somme annuelle de 140 francs.

Le 12 novembre 1810 :
Philippe Blondet présente pour sa caution le sieur François Poigné, propriétaire, demeurant au Petit-Bressolles. Biens affectés et hypothéqués comme garantie de la caution : une maison et quatre œuvres de vigne situées au village des Morauds, représentant un revenu de 75 francs et un capital de 20 fois ce revenu, soit 1.500 francs.

A la même époque, on peut citer un exemple de concurrence déloyale de la part de riverains qui passent les voyageurs au détriment du fermier du bac.

Dans un rapport du 15 juin 1811, Monsieur François Girard, maire de Monétay, déclare avoir « été informé que Jean Dormet, pontonnier, et Pierre Poignier, propriétaire cabaretier, tous deux domiciliés au village des Moraux, se sont permis d'avoir chacun un bachot avec lesquels ils passent ceux qui se présentent, au détriment du pontonnier du port.

« Ils doivent savoir qu'il ne leur est pas permis d'avoir des bachots, n'ayant pas de propriété sur les deux rives, ni sur les isles de la rivière.

« Ils doivent se défaire ou vendre leurs bachots dans un délai de quinzaine du jour de la notification des présentes... et leur défendons pareillement de s'en servir du jour de la dite notification qui leur sera faite par l'un des gardes particuliers de cette commune ».

Au procès-verbal d'adjudication du bac de Monétay sur Allier pour les années 1817 à 1822, daté du 29 novembre 1816, il est dit que les frères Claude et François Poigné, demeurant à Monétay-sur-Allier et adjudicataires pour le prix annuel de 225 francs, ont présenté pour leur caution François Poigné, leur père, qui affecte et hypothèque une maison et une vigne d'un hectare environ, situées aux Maisons-Neuves.

Dans l'estimation des bacs, bateaux et agrès du port de Monétay-sur-Allier, datée du 29 décembre 1816, sont nommés : Marie-Blanche Bournichon, veuve de Philippe Blondet, adjudicataire, dont le bail écherra le 31 du présent mois ; Fran-çois et Claude Poigné, nouveaux adjudicataires au premier janvier prochain ; Louis Fanjoux, charpentier à bateaux, résidant à Moulins, expert nommé par le Préfet ; Claude Roy, charpentier à bateaux, résidant à Chazeuil, expert pour la dite Bournichon.
Sont estimés :
Un passe-cheval 80 francs.
Deux bachots 120 francs.
Total 200 francs.

Au procès-verbal d'adjudication pour les années 1823 à 1831, daté du 2 décembre 1822, pour le port de Monétay-sur-Allier :
Mise à prix : 200 francs.
Béraud Benoît : 205 francs.
Blondet Antoine : 210 francs.
Béraud Benoît : 225 francs, demeurant à Saint-Pourçain.
Béraud présente pour sa caution Brurot Michel, demeurant à Varennes, et qui affecte un domaine et ses dépendances situés commune de Paray-sous-Briailles.

Dans les états des adjudications des bacs et bateaux établis dans le département de l'Allier, du 1er janvier 1823 :
Monétay-sur-Allier :
Fermier : Béraud Benoît.
Caution : Brurot Michel.
Prix annuel de l'adjudication : 225 francs.
Valeur des bacs et bateaux dont était chargé le fermier sor tant : 440 francs, 50.
Valeur des mêmes bacs, suivant nouvelles estimations 369 francs.
Somme à rembourser au fermier entrant par le fermier sor tant : 71 francs, 50.

Il ne fallait que deux jours pour un voyage aller et re tour de la Chièze à Moulins ( Saint Vincent 1350-1419).

Monetay sur Allier    Monetay sur Allier   Monetay sur Allier

Le déclin:

Le 19eme siècle verra surgir de graves difficultés pour le vignoble : concurrence des vins d'autres régions et maladies inconnues jusqu'alors. L'abandon de la navigation sur l'Allier diminue sensiblement

D'autre part, l'établissement des voies ferrées, facilitant le transport des vins du Midi, gêne la vente des vins du pays.

Les transactions deviennent difficiles, surtout en année d'abondance : c'est ainsi qu'en 1875, le prix du vin dépasse à peine celui du fût. Il y a cependant une nouvelle période de prospérité, quand le phylloxéra supprime sur le marché les vins du Midi et la superficie du vignoble reste stationnaire dans le département et en particulier dans la région de Saint Pourçain. Mais cet insecte fait son apparition à Huriel en 1885, à Saulcet en 1892, à Branssat et Louchy en 1894, à Monétay sur Allier et Châtel-de-Neuvre en 1896-1897 et surtout en 1900.

le Port de la Chaise a failli retrouver son importance avec le charbon du Montet.

En 1837, Monsieur Gillet de Grandmont avait fondé une société en commandite par actions pour l'exploitation des mines de houille du Montet. Il eut l'idée de mettre les mines en communication directe avec l'Allier qui servirait ainsi au transport.

Par arrêté du 15 mai 1837, le Préfet prévenait le public que 1 avant-projet du chemin de fer resterait déposé pendant un mois pour que chacun puisse en prendre connaissance et qu'un registre serait ouvert pour recevoir et consigner les observations. La concession fut accordée le premier août 1838, les travaux commencèrent aussitôt ; 3 ou 4 kilomètres de terrassement étaient achevés, lorsque la Société du Montet suspendit ses paiements et fut déclarée dissoute le 5 décembre 1839.

Dans un procés-verbal du 23 novembre 1816, Monsieur François Girard, maire de Monétay, et son conseil, proteste auprès du Préfet de ce que le maire de Châtel-de-Neuvre veut établir un port sur la rivière en faisant supprimer celui de Monétay, en alléguant un faux, à savoir que le port de Monétay n'existe qu'à cause qu'il n'y en a point dans la commune.

Le port de la Chaise, dit-il, existe depuis que l'Allier est navigable et sert à toutes les communes voisines, qui iraient plus difficilement à Châtel-de-Neuvre... Il n'y a pas si longtemps qu'il y avait un port à Châtel-de- Neuvre et le rétablir ne supprimerait pas l'utilité de celui de Monétay.

Pour compléter l'histoire du Port de la Chaise, on peut signaler encore quelques faits intéressants.
Le célèbre dominicain, saint Vincent Ferrier le plus grand prédicateur de son temps, né à Valence (Espagne), en 1350 et mort à Vannes (Morbihan), en 1419, était venu prêcher à Moulins au mois de février 1417.

Une deputation de notables alla à sa rencontre jusqu'à Saint-Pourçain et les consuls de la ville firent les frais du voyage de Vincent Ferrier du port de La Chaise à Moulins.
Le Registre de Comptes du Receveur Jean Duquénoy, du 15 décembre 1416 au 31 janvier 1417, mentionnent les dépenses suivantes :
« Au dit receveur qu'il a paie par les diz quatre (consuls) et de leur commandement à Jehan Paré de la Chièse XXV sols, à Crosier V sols, à Guiot Camus L sols, à Jehan Camus XXXV sols, lesquels ont amené Frère Vincent, ses gens et son baguage de la Chièse à Molins la première semaine de février mil quatre cent et seize, pour ce : CXV sols ».
« Au dit receveur qu'il a paie à Jehan Pegnot, Jean Cart, Pierre Perret et Jehan Bertrand, Charouer, pour chacun deux journées qui ont mises a aler et venir à la Chièze pour ayder amener le dit Fr. Vincent et ses gens et pour troiz sols six deniers qu'ils ont despendu (dépensé) pour tout ce : XXIII sols, VI deniers ».
(Nous avons respecté l'orthographe et la datation en ancien style, l'année civile commençant, à cette époque, à la Fête de Pâques).

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Sources: L'ancienne batellerie de l'Allier & de la Dore: de Langeac à Nevers Pierre Mondanel - Châtel de Neuvre et sa région Augustin Leclerc - Les crues de l'Allier Onde Henri Revue de géographie alpine 1923, Tome 11 - Histoire de l'Auvergne des origines à nos jours: Haute et Basse-Auvergne ... Pierre Charbonnier - http://www.conservatoire-sites-allier.fr/ - http://hors-du-temps.over-blog.com - http://www.eauvergnat.fr - http://fr.wikipedia.org - http://ligerien.christian.pagesperso-orange.fr

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Mise à jour de la page Résistant Sombre période, le 02/04/2017




Création page Le Violon, le 08/02/2017




Mise à jour de la page Le père et la mère BON DIEU, le 05/02/2017




Création page Chemin de fer, le 05/06/2016




Création page Le père et la mère BON DIEU, le 28/03/2016




Mise à jour du fief des Morats, le 27/03/2016





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