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L'ECOLE A MONETAY SUR ALLIER

Le chanoine MORET dans «Les Ecoles Bourbonnaises avant 1789» signale une école à MONESTAY en 1702. Le curé à cette époque était Jean HEULMARD. Qui était «maître d’école ?» Nous n’en avons point trouvé d’autre mention. Sans doute était-il de pauvre condition, comme la majorité de ses collègues et surtout un auxiliaire du curé exerçant les fonctions de chantre sacristain (employé d'église). Par quels enfants son école était-elle fréquentée ? Sans doute bien peu. Les statistiques sont assez éloquentes à ce sujet : à la veille de la Révolution, 53% des hommes et 73% des femmes ne savent signer leur nom sur les registres.

Y eut-il continuité jusqu’en 1765 où il est fait mention de Jean Baptiste RAMENOUX, maître es arts, et Gilbert CHOMONT, sa femme. En 1787, il marie sa fille Catherine et est alors qualifié de «Gramérien». Il prend la fonction de greffier de la mairie après septembre 1792 quand les registres de l’état civil sont enlevés au clergé. C’est aussi en 1792 que le maître d’école devient instituteur. Il décède à Monétay le 29 Frimaire An 9, âgé de 65 ans.

Il faut attendre 1833 et la loi Guizot. Les communes doivent avoir (seules ou en se groupant) une école primaire pour voir le Conseil Municipal s’intéresser à la question scolaire. Il reconnaît n’avoir ressource pour satisfaire à la loi. En 1835, la commune est autorisée à vendre deux chemins et employer l’argent à la construction d’une école. Les plans et devis en sont examinés en 1836. Elle sera édifiée sur la place du bourg, vers le mur du cimetière, à l’emplacement actuel de la bascule. Le 4 décembre 1842, le conseil municipal proteste contre le projet de rattacher Monétay à Chatel de Neuvre en matière d’instruction primaire. Vu que la maison d’école est construite, la commune ne reculera devant aucun sacrifice pour payer un instituteur. A cette époque les habitants de Monétay, environ 300, ont construit une église, bien modeste, à leurs propres frais, la Révolution ayant fait démolir l’ancienne. Comme il n’y a pas encore d’instituteur, le curé occupe la maison d’école. Le 13 avril 1847, le conseil lui demande de libérer les lieux, une institutrice ayant enfin pris ses fonctions depuis le 1er mars. C’est Mademoiselle Adélaïde LUMINET, de Noyant, ancienne élève de la Présentation à Moulins, qui vient d’épouser un jeune homme de Monétay, Claude POIGNE, du Poulanges. Elle tiendra l’école publique mixte de Monétay jusqu’en 1869 et assurera le secrétariat de mairie. Son traitement assuré par la commune et la rétribution mensuelle des enfants payants, a été de 200 F en 1849, 400 F en 1856. En 1857, les enfants en dessous de 9 ans payent 0,75 F par mois et 1,25 F au-dessus de 9 ans. La liste des enfants admis gratuitement est établie par le maire et le curé et visée par le préfet. Pour l’année scolaire 1869-1870, 11 enfants sont inscrits sur cette liste. Motif de l’admission gratuite: parents vignerons pauvres. En 1857, le conseil municipal déplore le peu de zèle que les parents mettent à faire donner une instruction élémentaire à leurs enfants. Il maintient le taux de la rétribution au minimum, sans cela l’instruction ne pourra jamais se répandre dans notre pays peu riche et très insouciant en fait d’instruction. Il loue l’assiduité et les bons soins dont Mme POIGNE entoure les enfants.

En 1868, la municipalité de M. de LACHAISE demande l’ouverture d’une école libre de filles. Elle sera tenue par les sœurs de la Présentation jusqu’à l’expulsion de 1902. Elle fermera en 1952 faute d’élèves et de ressources.

En 1865, la municipalité, vu la vétusté de la maison d’école, est amenée à acheter l’immeuble de la mairie actuelle pour y établir l’école. Mme POIGNE est remplacée par M. Gilbert CHARTIER en 1869. A cette date, la commune compte 808 habitants, 61 élèves fréquentes l’école sur 149 en âge scolaire. Pour faire face à l’effort de guerre de 1870, le gouvernement impose exceptionnellement les communes. Monétay doit verser 1 716 F. M. CHARTIER avance personnellement la somme à la commune en attendant quelle vote une imposition extraordinaire. A ce moment, le salaire de l’instituteur était de 600 F + 80 F pour le secrétariat de mairie et 30 F pour exercer la fonction de chantre. Les enfants pourvoient au chauffage de l’école pour la somme de 1,50 F chacun. C’est M. CHARTIER qui est instituteur à Monétay au moment du vote des lois scolaires de Jules FERRY de 1881-1882 et 1886, instituant la gratuité absolue de l’enseignement primaire, l’obligation de 6 à 13 ans et la laïcité. A Monétay, une commission scolaire est créée, composée du Curé, de M. DURIEU de LACARELLE et de deux autres notables.

L’instituteur, M. PINEL, nommé en 1886, laissera un souvenir fort parmi la population de Monétay. Maître très IIIeme République, il assurera l’éducation, à la génération qui devra venger la défaite de 1870. Patriotisme, colonialisme, Alsace-Lorraine seront la toile de fond de son époque. Les célèbres livres scolaires : le Tour de France par deux enfants, M. PREVOST,  Tu seras soldat, A travers nos colonies, sont la brillante illustration de cet état d’esprit. C’est aussi l'époque où à l’école, on chante :
La France, un jour s’éveillant, mutilée,
Se lève et dit en s’adressant à tous
Partout le sang arrose ta vallée
Par ce spectacle, enfants, instruisez-vous !
Chacun comprit ces sublimes paroles
Pour éloigner un passé malheureux
De tous points surgissent des écoles
Et l’avenir apparaît radieux.

M. PINEL mourra en classe, le 5 janvier 1916, ayant repris du service pour remplacer son successeur mobilisé.

Par une circulaire du 9 octobre 1884, M. le Préfet demande l’avis du conseil municipal sur l’utilité d’un cours d’adultes. Réuni le 17 suivant «le Conseil Municipal a l’honneur de faire remarquer à M. le Préfet qu’une année ce cours a été ouvert et n’a donné que de mauvais résultats, quatre ou cinq jeunes gens seulement s’y sont fait inscrire. Ils n’y venaient presque jamais et se servaient de ce prétexte de sortie pour courir toute la nuit en faisant du tapage».

Vers 1890, le gouvernement oblige la commune à construire une école publique de filles. La municipalité de LACHAISE est d’avis que l’école tenue par les religieuses de la Présentation répond parfaitement aux besoins de la commune. Mais iI faudra obtempérer. L’ancienne école est vendue. Le devis de la nouvelle construction, présenté par TOURTEAU, architecte, le 7 avril 1891, s’élève à 15 500 F. Le même architecte dirige la construction de l’église devis de 49 721 F. La première institutrice laïque de filles est Mme VINCENT en 1893, remplacée en 1894 par Melle GORCE et le 14 septembre 1895, Mme PARINOT est nommée. Elle aussi marquera fortement son temps et restera en poste jusqu’au 1930. C’est elle qui détient le record de présence  à Monétay ! 35 ans de poste. Le logement de fonction du «Bel Air» ne sera plus occupé - sauf pour héberger des réfugiés pendant l’occupation - jusqu'en 1957.

Le successeur de M. PINEL M. Albert BOULE, dès son arrivée en 1913, fonde l’Amicale Laïque. La guerre de 14-18 en interrompant l’activité, niais elle reprend dès l'armistice. Militant laïque convaincu, M. BOULE Illustrera parfaitement, avec le rigoriste curé CLEAU, cette époque marquée par la rivalité école-église. II avait également conservé un esprit très ancien-combattant. En 1926, M. Emile BASSOT est nommé à Monétay. Lui aussi animera avec conviction l’Amicale Laïque. Séances récréatives, concours de Tir, et cinéma meublent les loisirs de la population, encore et uniquement paysanne. En 1930, Mme BASSOT remplace Mme PARINOT à l’école de filles jusqu’en 1932, année où sont nommés Mme et M. Louis MARTIN. L’Amicale laïque tombe en sommeil.

En 1937, Mme et M. ROSIER arrivent à Monétay. La carrière de M. ROSIER sera terriblement marquée par la maladie. La débâcle provoquée par la guerre, en 1939, fait affluer à  Monétay un nombre important de réfugiés d’où le nombre accru d’élèves. Les instituteurs  demandent, la mixité des classes. Une enquête est ouverte auprès des parents. Ayant obtenu des  résultats favorables, la municipalité, sous la présidence de M. Vincent MONTAGNE, maire,  autorise la gémination. La période d’occupation allemande et ses difficultés éloignées, la municipalité aménage une cantine scolaire qui ouvre à la rentrée de Pâques 1948.

La maladie oblige M. ROSIER à quitter l’enseignement. En 1950, M. et Mme FRANÇOIS sont nommés. Leur militantisme laïc trouve un terrain préparé. Ils remettent l'Amicale Laïque  en activité. Le vote, en septembre 1951, des lois anti laïques MARIE et BARANGE accordant  d’importants moyens aux écoles confessionnelles, provoque chez les FRANÇOIS une forte réprobation qu'ils vont partager avec la majorité de la population.

En août 1951 est prise la décision d’aménager l’école du «Bel Air» en groupe scolaire. Les  plans et devis en sont confiés à M. WILLIOT, architecte à Moulins. Pour l’inauguration officielle,  les 22 et 23 juin 1957, l’Amicale Laïque organise une grande fête avec la participation de René PAPUT de Radio Auvergne.

Monetay sur Allier

Les rigueurs de l’hiver contrariant trop souvent la fête de Noël de l’Amicale, ajoutées aux  inconvénients du parquet monté au dernier moment, l’infatigable M. FRANÇOIS entreprend, en  1963, la construction du Foyer Culturel laïque. Réalisation pour une grosse part faite de bénévolat  dont peut s’enorgueillir Monétay, aucune autre commune de semblable Importance, ne possédant  à l’époque un tel local.

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Construction du foyer culturel

M. FRANÇOIS, hélas, disparaît brutalement, âgé de 45 ans en mars 1970. Mme FRANÇOIS, au prix d’énormes efforts, maintient l’animation à l'Amicale Laïque. En 1977, la baisse de l’effectif scolaire menace de provoquer la fermeture d’une classe. Elle ouvre une section (enfantine accueillant les enfants de 4 ans, mesure qui permit de passer le mauvais cap et de sauver notre école. Mme FRANÇOIS prit sa retraite en 1978.

Avec Claude JOUAN et Michel THEVENIN, l’école de Monétay, a prospérè jusqu'à aujourd'hui.

Le groupe scolaire s'appelle depuis le mois de juin 2007: Tress' Allier aval

J'associe aussi à cette évocation tous les maîtres et maîtresses remplaçants ou restés peu de temps à Monétay. Bon nombre y ont gardé d’amicaux contacts.

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Source:
Bulletin municipal
Photos Camille DELARRAS

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