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LA LUCIENNE, UNE FIGURE DE MONÉTAY

Lucienne est née le 24 août 1926, fille de Jean MESTRAUD (°1900 - †1981) et de Marie DECHET (°1906 - †1964), à l'Étang Bazin où ses parents vivaient en communauté avec les grands-parents Antoine MESTRAUD (°1869 - 1950) et son épouse Suzanne FELY (°1874 - †1955) et l'oncle Lucien MESTRAUD (°1899 - †1937) époux de Marie-Louise POCHON (°1900 - †1943). Ils cultivaient un grand vignoble disséminé de La Croix Blanche au Pré des Chèvres en de nombreuses parcelles.

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Lucienne MESTREAU - GUILLOT

A cette époque le vignoble couvrait la majeure partie de la commune avec une multitude de parcelles avec des cerisiers, des pêchers, des pommiers et poiriers. Au printemps le pays était couvert de fleurs. La disparition des vieux vignerons ainsi que le remembrement ont totalement changer le paysage avec l'arrachage des vieilles vignes et des arbres fruitiers afin de permettre une culture moderne et intensive. La famille MESTRAUD participait à la cueillette des cerises de mai au 14 juillet et faisait acheminer la récolte trois fois par semaine par des grossistes (bianiers) pour les Halles de PARIS, dont un auvergnat nommé DESBYS, frère de la Vitaline LARRAS de Montigny.

Malheureusement, un fléau frappait la famille MESTRAUD depuis plusieurs générations, la tuberculose qui avait déjà tué la grand-tante Françoise MESTRAUD-VACHERON (°1860- †1891) des Maisons Neuves et sa fille Françoise VACHERON-BURLAUD (°1884 - †1911) des Rues. L'oncle Lucien est emporté en 1937 à 38 ans, ainsi que son épouse Marie-Louise POCHON à 43 ans puis leur fille Jeanne (°1926 - †1943) du même âge que Lucienne avec laquelle elle s'était élevée comme avec une soeur.

Pour éviter la contagion, Jean MESTRAU (qui a perdu son D final lors de son mariage), son épouse et leur fille Lucienne viennent habiter dans leur maison des Maisons Neuves. Ils ont été remplacés par des couples de soldats américains de la Base de MONTBEUGNY.

La famille LALOIRE qui exploitait une petite exploitation et un café a été anéantie par la mort de leur fils fusillé pour collaboration. La mère est morte de chagrin et son mari a quitté les lieux en compagnie de sa maîtresse sans laisser d'adresse, en laissant les 2 vaches, le cheval et les récoltes à la charge de Georgette TUHAUT qui travaillait au café (témoignage recueilli par Paul BURLAUD). Ne sachant que faire, Georgette est allée aux Jaunins pour se confier à Louis JUTIER beau-frère de LALOIRE). Louis JUTIER s'est chargé de liquider l'affaire, puis pensant à Jean MESTRAU son camarade d'école, il lui a demandé de reprendre le café, ce qui a été fait.

Lucienne qui était majeure, a alors passé les permis de conduire VL et PL, elle était la quatrième femme du canton après les sages femmes CHASSIN et LOURDIN ainsi que Marguerite LEGLOT riche propriétaire de SAINT POURCAIN. Jean MESTREAU a alors acheté un petit camion. Lucienne et son père partaient s'approvisionner sur les marchés de Provence et de la Vallée du Rhône pour les légumes et en Alsace pour les prunes. La marchandise était entreposée dans les bâtiments de l'ancien vignoble qui était accolé à la maisons des Dimes. Tout en gardant la récolte locale des fruits, ils se sont installés primeurs sur les marchés de SAINT POURCAIN et MOULINS. Une fois, le grossiste en cerises ne pouvait assurer son service suite à une panne de son camion, Lucienne et son père sont alors partis livrer leur marchandise aux Halles de PARIS. Marie-Louise RONDELLE, veuve sans resource, triait la marchandise et préparait les cageots pour les marchés. Elle a travaillé jusqu'à sa mort et a légué sa maison avec dépendances et son terrain à Alain GUILLOT.

Le 29 avril 1950, à MONÉTAY Lucienne épouse Georges GUILLOT né le 24 mars 1924 à SAINT LOUP et demeurant à SAINT POURCAIN, lequel rejoint l'entreprise familiale, un nouveau camion est acheté et le commerce prospère.

En 1953, la famille MESTRAU - GUILLOT achète le café NIZIER à l'enseigne Hôtel du Nord, qui n'a jamais été un hôtel. Aussitôt l'ancienne menuiserie est aménagée en entrepôt et la grange, ancienne scierie, sert de garage et d'entrepôt. Un fils Alain GUILLOT né le 15 avril 1956. Tout semble aller pour le mieux mais en 1964 Marie DECHET l'épouse de Jean décède. Georges GUILLOT est bien malade, il décédera le 3 avril 1965 emporté par le cancer.
Madame Alice MALLET,veuve, en raison de son grand âge doit abandonner son épicerie, tabac presse . Lucienne prend alors la relève et installe une petite supérette dans l'ancienne menuiserie avec une porte donnant dans le café où le tabac presse est exposé derrière le comptoir. Contrainte d'abandonner et d'arrêter les marchés et les primeurs, Lucienne tiendra le commerce avec son père Jean, lequel disparaîtra à son tour en 1981.

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Alain GUILLOT

Alain GUILLOT ayant fait l'Ecole Hôtelière vient seconder sa mère. Surnommé BILLIS pour sa gentillesse et sa bonne cuisine. Alain a redonné vie au café, dont la clientèle venait de loin, c'était en autre le PC du foot. Le malheur allait encore frapper Lucienne, Alain sera atteint d'un cancer et décédera le 21 mai 2009 à l'hôpital de MOULINS.

Lucienne a continué son commerce encore quelques mois, le temps de liquider ses affaires et de vendre ses murs à la commune afin que ce lieu de vie puisse durer au coeur du bourg étant le dernier commerce.

Lucienne qui a été 1ère adjointe au maire de 1983 à 1996 jouissait de l'estime de la population. Elle s'est retirée dans sa maison, en face au Monument aux Morts, et continuait de se rendre souvent à la Mairie. Ne pouvant plus se suffire, elle dû partir en HEPAD à SAINT POURCAIN où elle décédera le 21 août 2018. En septembre le notaire de CHANTELLE avisait par courrier la commune de MONÉTAY que Lucienne lui léguait sa maison d'habitation, ses meubles et tout ce qui se trouvait à l'intérieur. Un vide maison a été organisé par la Mairie et le reste des invendus a été liquidé lors de la brocante. La maison est en vente.

Avant de partir Lucienne a vendu tous ses nombreux terrains et maisons, toutes ses affaires avaient été réglées avec soins.

A noter que Lucienne a soigné ses proches jusqu'à leur mort, sa grand-mère Suzanne MESTREAUD, ses grands-parents DECHET, ses parents Jean MESTREAU et Marie DECHET.

La Lucienne restera dans les coeurs et les souvenirs de tous les anciens de MONÉTAY.

Source:
Photos provenant des Bulletins Municipaux.




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