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COMITÉ LOCAL DE LIBÉRATION

A la déclaration de guerre en 1939 le conseil municipal était élu depuis mai 1935 avec comme maire Vincent MONTAGNER, en place depuis 1932. Monsieur MONTAGNER, représentant de commerce, habitait la maison propriété de Camille LAGOUTTE, maison qui venait, par sa femme, de Monsieur PINEL, instituteur notoire du début de la IIIème République. Le gouvernement de VICHY maintint Monsieur MONTAGNER et son conseil municipal en place pendant toute la période d'occupation. Il semble que le souci premier de ce magistrat ait été de faire face aux misères de toutes sortes de cette sombre époque dans une relative neutralité politique.

Au terme des combats de la libération, le samedi 26 août 1944, Montluçon se retrouve libéré, Vichy le 26 août et Moulins seulement le 5 septembre, le Comité Départemental de Libération ou C.D.L. a pour tâche principale d'administrer le département, dans l'attente de la nomination d'un Commissaire de la république, représentant le gouvernement provisoire de la république française, dirigé par le général de Gaulle. Dans ce contexte, se pose immédiatement la question de la mise en place d'un pouvoir politique, avec la disparition des autorités mises en place depuis 1940 par le régime de l'État français.

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C'est pour éviter une vacance totale du pouvoir, que dès le 21 avril 1944, le Comité français de libération nationale, siégeant à Alger, sous l'autorité du général de Gaulle, avait institué les Comités départementaux de libération, à charge pour eux d'administrer les départements, au fur et à mesure de leur libération.
Dans l'Allier, la constitution du CDL a donné lieu à des discussions âpres, reflets d'une véritable lutte d'influence entre communistes et socialistes.
Elles se sont étalées entre le 20 janvier 1944, date de la toute première tentative, au cours d'une réunion clandestine tenue à Saint-Pourçain-sur-Sioule, et le 10 août 1944, date à laquelle un compromis a été finalement trouvé, lors d'une réunion tenue à la sortie du bourg de Chamblet.
Le CDL disposait aussi de relais dans les différentes communes, au fur et à mesure de la libération du département. Il s'agit des Comités locaux de libération ou CLL, dont le rôle est précisé dès les premiers jours. Il est entre autre question "d'élaborer des listes de suspects dont l'arrestation est jugée nécessaire". Ils auront aussi à "présenter au CDL des propositions en ce qui concerne les municipalités nouvelles". Quant à leur composition, elle doit se calquer sur celle du CDL, "c'est à dire 2 M.U.R, 1 F.N., 1 CGT, 1 PS , 1 PC". Dans les communes rurales, le représentant de la CGT pourra être remplacé un "délégué paysan". Enfin, si la constitution d'un comité local s'avère impossible, un comité cantonal de libération pourra être formé.

Le registre des délibérations du conseil municipal de MONETAY nous dit brièvement qu'un Comité Local de Libération de 6 membres s'est créé en août 1944. MOULINS n'a été libéré que le 6 septembre et le département de l'ALLIER, officiellement le 12 septembre.
Il semble que l'instigateur de la création de ce Comité soit Ernest LARRAS et que l'organisation dans un premier temps, se soit passée à la ferme des Jaunins, chez Louis JUTIER. La municipalité en place et son maire furent évincés et le 15 octobre le Comité se réunit officiellement en mairie sous la responsabilité de Louis JUTIER. Sont présents: Ernest LARRAS, Léon LARRAS, Alphonse NIZIER, Jean-Baptiste VALNAUD, Jean-Baptiste VOLLAT. On décide à cette réunion d'acheter les arbres abattus par les F.F.I. sur la RN9, pour le chauffage des écoles.

Comme nombre de villages français, MONETAY est sorti meurtri de la guerre.
Si la volonté de juger et d'épurer « ceux qui ont failli », selon une formule couramment utilisée, est bien partagée, il reste à savoir quels doivent être l'intensité et la durée de cette épuration. Qui doit elle frapper et jusqu'à quand ?
C'est à cette époque que l'institutrice de l'école libre de filles a quitté MONETAY: une enquête sur son comportement pendant l'occupation ayant été demandé au Comité Départemental de Libération.

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Bulletin Officiel du CDL (n°1 – Août-Septembre 1944)

A l'annonce de l'Armistice du 8 mai 1945, Monsieur ROSIER, instituteur, sonna les cloches avec ses élèves pour fêter l'événement. Les 29 avril et 13 mai 1945 des élections municipales régulières eurent lieu d'où il en sortit le conseil suivant:

  • Louis JUTIER - Maire
  • Léon LARRAS - Adjoint
  • Roger DELARRAS
  • René Henri DUCOU
  • Georges TUAULT
  • Claude GUIOT
  • Jean-Baptiste VALNAUD
  • Alphonse NIZIER - Doyen
  • Julien ROLLIN
  • Jean-Baptiste VOLLAT
  • Marcel BARJOT
  • Mme Marcelle MARTEL
Selon l'ordre des voix obtenues.

«Une pionnière de la parité»
Marcelle MARTEL,
conseillère municipale à Monétay en 1945

Par ordonnance du 21 avril 1944, le Général de GAULLE accordait le droit de vote et l'éligibilité aux femmes. C'était la fin d'un long et légitime combat, surtout en considération de la place occupée par les femmes lors de la grande guerre 1914-1918, et aussi pendant les dures années d'occupation allemande en 1940-1945.
De femmes « à poigne », le Bourbonnais avait connu, entre autres, Anne de FRANCE, devenue Anne de BEAUJEU, qui avait exercé avec brio de 1483 à 1491, épaulée par son mari Pierre II de BOURBON, la régence du royaume de France. Plus près de nous, Hubertine AUCLERT, née à SAINT-PRIEST-EN-MURAT en 1848, qui avait reçu une bonne éducation religieuse, consacra sa vie au combat pour l'égalité civique des femmes. En 1880, elle tenta de se faire inscrire sur la liste électorale du 10ème arrondissement à PARIS. Jusqu'à sa mort en 1914, elle mena vigoureusement le même combat.

Venons-en à Marcelle MARTEL. En réalité, je n'ai pas trouvé grand-chose à son sujet, ni sur son mari Antoine. Antoine serait né en 1894 en pays de LA PALISSE - BILLEZOIS - non vérifié. Orphelin très tôt, il partit à PARIS et fut conducteur d'automobiles. Veuf sans enfant d'un premier mariage, il se remarie avec Marcelle...., couturière, fille de concierges. La guerre de 1940 arrive avec l'occupation, ses difficultés et pénuries. Antoine MARTEL se souvient de son Bourbonnais natal. Sans doute influencé par la propagande du « retour à la terre » prôné par l'Etat français, il achète une fermette à MONÉTAY - actuelle maison BONJEAN, Grande Rue de Montigny. Il semblerait que le résultat n'est pas celui attendu. L'inexpérience, deux faibles vaches mal dressées pour tirer la charrue sur l'aride plateau de Montigny, on imagine la situation. Marcelle fait un peu de couture, le couple se met à collecter les produits de la ferme (beurre, œufs, fromages) enfin ce qu'il en reste après les réquisitions et pénuries liées à l'époque. Avaient-ils conservé une auto ? Antoine va aussi « en journée » chez les vignerons et en particulier chez Jean-Baptiste VALNAUD.

Revenons à l'ordonnance du 21 avril 1944. A la campagne peu de femmes étaient tentées par une responsabilité municipale. A MONÉTAY, en août 1944, un comité de Libération est crée. Ce comité se réunit officiellement en mairie le 15 octobre 1944 sous la responsabilité de Louis JUTIER. Sont présents : Ernest LARRAS, Léon LARRAS, Alphonse NIZIER, Jean-Baptiste VALNAUD, Jean-Baptiste VOLLAT. Les 29 avril et 13 mai 1945, des élections municipales régulières ont lieu et c'est là que nous trouvons mention de Marcelle MARTEL. Louis JUTIER est élu maire et selon l'ordre des voix, René Henri DUCOU, Jean-Baptiste VALNAUD, Jean-Baptiste VOLLAT, Léon LARRAS adjoint, Georges TUAULT, Alphonse NIZIER doyen, Marcel BARJOT, Roger DELARRAS, Claude GUIOT, Julien ROLLIN et Marcelle MARTEL. Les préoccupations du conseil sont liées à la situation : difficultés de transport et pénurie de moyens de chauffage, en particulier à l'école. L'achat des arbres abattus par les F.F.I. sur la RN9 est sollicité auprès de l'Equipement (Ponts et Chaussées), coût 1500 francs. Viennent des questions d'assistance médicale gratuite, de primes d'allaitement - 1 cas -, secours aux indigents : quatre personnes vont recevoir 150 francs chacune. Puis on voit, outre les obligations administratives, un vœu pour l'accélération des travaux de la passerelle de Châtel-de-Neuvre, paiement du charbon réquisitionné en gare de La Ferté, adhésion de la commune au Syndicat d'Alimentation en eau potable Rive Gauche. On peut noter que Marcelle MARTEL, « la parisienne », a été présente à toutes les réunions du conseil municipal, en élue responsable, citoyenne ordinaire !

Les 19 et 26 octobre 1947, nouvelles élections municipales, madame Marcelle MARTEL n'est plus dans l'équipe qui s'est un peu renouvelée avec l'intégration de plusieurs prisonniers de guerre. Antoine MARTEL n'était pas en bonne santé, le « retour à la terre » avait sans doute été décevant. Ils vendent la fermette et repartent à Paris où Antoine serait rapidement décédé. Puis le contact a été coupé avec MONÉTAY.

Gustave BURLAUD

Source:
Bulletin municipal de MONETAY SUR ALLIER N°37
Site: Vu du Bourbonnais.




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